elmouja- la vague

Le pilotage en Algérie

6 Juin 2009 , Rédigé par Gildon Publié dans #Pied à terre

 
C'est quoi le pilotage
Vue sur la station de pilotage et de remorquage d'Arzew, la plus grande d'Algérie

 
L'arrivée d'un navire dans un port est sans doute un moment préviligié  pour tous les acteurs du monde maritime, l'équipage qui va redoubler de  vigilance et de sérieux pour accoster, le personnel portuaire ( pilote, officier de port), les autorités officielles ( police des frontières , douane, inspection sanitaire etc) et bien sûr les personnes liés aux frêt que transporte le navire.).
 Le pilote est la première personne à monter à bord  pour assister le commandant dans l'accostage , le passage d'un canal, chenal, d'un fleuve, il est ainsi aussi la dernière personne à débarquer après l'appareillage d'un navire.

 Étant donné sa connaissance approfondie  de tout ses passages dangereux, le piilote reste  d'une grande utilité malgré les évolutions techniques des moyens de navigations de bord ou l'amélioration de l'infrastructure portuaire et de l'aide à la navigation.

Carte d'atterissage d'Arzew/Béthioua

Le pilotage et le droit algérien

  Comme partout dans le monde, le pilotage  reste le monopole exclusive de l'Etat. En Algérie il tire sa source differents dispositions qu'en trouve dans le code maritime algérien ( CMA) par exemple article 162 stipule que  navigation maritime comprend :
• la navigation auxiliaire relative au transport de marchandises et des passagers ;
• la navigation auxiliaire concernant le pilotage, le remorquage, l’assistance et le sauvetage, le chalandage, le dragage, le sondage ainsi que la recherche scientifique en mer ;
• la navigation de pêche… ;
• la navigation de plaisance effectuée dans un but d’agrément ;
• la navigation de servitude … .
Mais la grande introduction du pilotage dans le droit algérien fut en 1971 par le ministère des transports sous l'égide du defunt Rabah Bitat qui a donné naissance  à l'Office national des Ports avec une description detaillé des endroits soumis au pliotage


  
La dernière réforme du pilotage maritime date seulement de 2006
   et prévoit  une description détaillées du rôle du pilote.



Une fois à bord du navire à piloter, le pilote maritime procède, avec le capitaine du navire, à un échange d'’informations de manière continue et durant toute la
phase du pilotage maritime sur les procédures de navigation, les conditions locales et les caractéristiques du navire et lui fournit les conseils et l’assistance adéquats
pour assurer, dans les meilleures conditions de sécurité, les manœuvres requises pour l’évolution du navire, son mouillage, son accostage et son appareillage avec ou sans
remorqueur.
Art. 42. — Le pilotage commence à partir du moment où le pilote maritime se présente ou monte à bord dans la limite de la station et se termine lorsque le navire est arrivé à destination, au mouillage, à quai ou à la limite de la station. Des conseils peuvent être donnés à distance par un pilote maritime à un capitaine de navire, sur demande  de ce dernier, pour l’aider dans la conduite de son navire en vue de l’embarquement du pilote maritime au point habituel. Une aide peut également être apportée au capitaine du navire dans les mêmes conditions après le débarquement du pilote maritime au point habituel. Lorsque les conditions nautiques et météorologiques empêchent l’embarquement ou le débarquement du pilote maritime au point habituel, une assistance, dont les modalités sont fixées par le règlement intérieur, peut être fournie à distance par un pilote maritime, à la demande du capitaine du navire afin de conseiller ce dernier avant l’embarquement effectif du pilote maritime ou après son débarquement. Le pilote maritime fournissant cette assistance doit disposer des moyens lui permettant de suivre la route du navire et d’être en liaison avec celui-ci et avec la capitainerie du port. Cette autorité doit, avant toute autorisation ou ordre de mouvement, avoir été clairement informée des conditions, en ce qui concerne le pilotage, dans lesquelles s’effectuerait le mouvement du navire.
Art. 43. — L’échange de tous ces renseignements est effectué dans une langue à convenir d’un commun accord avec le capitaine du navire et ce, en privilégiant l’usage d’expressions ou de langages maritimes normalisés tels qu’édictés par l’Organisation maritime internationale (OMI).
Art. 44. — Le capitaine doit remettre au pilote maritime la déclaration d’entrée au port dûment renseignée conformément à la réglementation en vigueur.
Art. 45. — Une fois la prestation du service de pilotage maritime accomplie, le pilote maritime remet, au capitaine du navire à piloter, les documents adéquats attestant du service rendu par la station de pilotage et ce, en vue de la facturation de la prestation à l’armateur.
Art. 46. — Le capitaine dont le navire doit quitter le port doit remettre à la station de pilotage une demande contenant toutes les indications nécessaires pour que le pilote maritime soit présent, en temps utile, au départ du navire. Faute de quoi, le capitaine du navire sera considéré comme ayant voulu éviter le pilote maritime.
Art. 47. — Les pilotes maritimes reçoivent, à bord des navires de commerce, la nourriture et le logement des officiers.
Art. 48. — Tout pilotage, déplacement ou retenue de nuit en dehors des heures de service donne droit, pour le pilote maritime, à une indemnité fixée par le règlement intérieur.
Art. 49. — Une indemnité journalière supplémentaire fixée par le règlement intérieur est due au pilote de navire soumis à des essais. Le montant de cette indemnité est fixé par le règlement
intérieur.
Art. 50. — Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 9 Dhou El Hidja 1426 correspondant au 9 janvier 2006.
Ahmed OUYAHIA.



Qui peut être pilote en Algérie ?

  Décret exécutif n° 06-08 du 9 janvier 2006 fixant l'organisation du pilotage, les qualifications professionnelles des pilotes et les règles d'exercice du pilotage dans les ports. Journal officiel, 2006-01-15, n° 2, pp. 15-19

 
  Pour exercer la fonction de pilote, le marin doit être titulaire du brevet de capitaine à bord de navire d'une jauge brute supérieure à 5000 tonneaux ou d'un titre reconnu équivalent par le ministre chargé de la marine marchande; avoir exercé les fonctions de capitaine ou de second pendant au moins 5 ans ou celles de commandement des navires des forces navales d'une longueur supérieure ou égale à 60 mètres pendant 10 ans et avoir suivi avec succès, en qualité d'aspirant-pilote, un stage d'une durée d'au moins 12 mois sous la conduite d'un chef pilote de la station de pilotage du port concerné ou d'un instructeur désigné par arrêté du ministre chargé de la marine marchande (art. 11). Prévoit par ailleurs que pour être agréé en tant que pilote le marin doit disposer d'une attestation médicale prouvant qu'il satisfait à l'aptitude physique (art. 12).

Lorsque le Ministre chargé de la marine marchande déclare recevable la demande d'agrément du marin, il convoque une commission ad hoc chargée de se prononcer sur l'aptitude du candidat à l'exercice de la fonction de pilote maritime ((arts. 13 à 17). L'agrément du pilote est précaire et révocable (arts. 19 et 27). Il donne lieu à l'inscription au registre national des pilotes maritimes (art. 21).

Contient par ailleurs des dispositions relatives aux règles d'exercice du pilotage maritime et notamment aux comptes-rendus des pilotes maritimes et à leur contenu (arts. 29 à 46). Prévoit qu'à bord des navires de commerce, les pilotes maritimes reçoivent la nourriture et le logement des officiers.


Les Stations de pilotage en Algérie

 Le même décret vu précédemment  prévoit

 
Que la station de pilotage est placée sous l'autorité d'un chef-pilote assisté d'un chef-pilote adjoint. Ces derniers sont notamment chargés d'arrêter le planning quotidien des interventions; de vérifier, contrôler et signer les bons de pilotage et de porter à la connaissance des autorités compétentes les incidents et évènements de toute nature liés à la sécurité et à la sûreté maritimes relevés et signalés par les pilotes durant l'exercice de leurs fonctions (art. 7). La station de pilotage fonctionne selon le régime de travail permanent (art. 8).

Un arrêté du ministère des transports  de 2007 fixe le minimum requis en personnel des différentes stations ( capitaineries ) de pilotage en Algerie


                                                                                                                                           la capitainerie de Skikda


A noter que les ports de Skikda, Béjaia et Arzew  compte tenu de leurs spécifications ( ports pétroliers ) dispose chacun de 2 stations de remorques.

Capitainerie\ personnel Chefs pilotes Chefs pilotes adjoints Pilotes
Alger/ Dellys 02 02 17
Annaba 01 01 04
Arzew/ Béthioua 02 02 18
Béjaia 02 02 08
Djen djen 01 01 06
Ghazaouet 01 01 01
Mostaganem 01 01 04
Oran 01 01 04
Skikda 02 02 12
Ténès 01 01 01
 

Quant aux moyens matériels, le minimum requis est de:


Station \ Moyens Locaux Ateliers Pilotines Tours de vigie Quais Véhicules VHF Tél/Fax Radar/Jumelle
Alger/Dellys 02 02 05 02 02 02 03 02 02/03
Annaba 01 01 02 01 01 01 02 01 01/02
Arzew /Bethioua 02 02 04 02 02 01 04 02 02/04
Béjaia 02 02 04 02 04 02 04 02 02/04
Djen djen 01 01 02 01 01 01 02 01 01/02
Ghazaouet 01 01 01 01 01 01 01 01 01/01
Mostaganem 01 01 02 01 01 01 02 01 01/02
Oran 01 01 02 01 02 01 01 01 01/02
Skikda 02 02 06 02 02 04 04 02 02/04
Ténès 01 01 01 01 01 01 01 01 01/01



Une pilotine à Bejaia ( Sidi Bouali), photo de gauche
Une autre à Arzew,( Melouk Abed) à droite.















 Quelques adresses

Alger: Quai N° 12, Gare maritime. Tél: 021/42 36 49 Fax: 021/ 42 30 72. diffellah@portalger.com.dz

Arzew: Directeur de la capitainerie  Mr  N. Sahraoui .Tél:  041.47.79.78 .Fax:  041.47.79.85

Annaba: Directeur de la capitainerie  Mr Toudert. Tél. : 213 (0) 38 86.45.91
                                                                     Capitainerie@annaba-port.com
Skikda. Direction générale
Tél : 038 75 13 39  Fax : 038 75 29 70
                Annexe  Nouveau Port:  Tél : 038 75 13 39



L'actualité des pilotes algeriens


voici un article  recent (24/05/09) d'el Watan qui fait découvrir aux algériens le pilote maritime

Des pilotes maritimes mécontents

Ce métier, pourtant si méconnu du grand public, est très demandé sur le marché mondial et, d’ici quelques années, l’Algérie sera obligée de faire appel à des expatriés qui exigeront des salaires exorbitants et en devises. La mission des pilotes maritimes consiste, en fait, à assister les capitaines des navires lors des manœuvres d’entrée et de sortie du port. A l’exception des bâtiments de la marine nationale, tous les bateaux doivent avoir, à leur bord, un pilote maritime, qui, par sa connaissance des installations portuaires, sa formation spécifique aux multiples dangers et son expérience, assure toutes les manœuvres du passage des navires de la mer vers les ports et vice-versa.

Malheureusement, la catégorie professionnelle a été, durant des années, le parent pauvre du secteur maritime. Faute d’un statut particulier qui prend en charge cette catégorie professionnelle, la classification des entreprises portuaires en ports principaux et secondaires dans le cadre de la réforme du domaine a créé dans son sillage des ports de première et seconde zone, où les disparités salariales sont criantes. A titre d’exemple, un pilote maritime du port d’Alger, qui reçoit plus de 60% des navires perçoit un salaire moyen de 50 000 DA, alors que son collègue d’Arzew ou de Skikda touche le double. Une situation qui dure depuis les années 1970, avec la création de l’Office national des ports (Onp), qui avait pris la décision historique de nationaliser les stations de pilotage, alors détenues par des étrangers aux salaires trois fois plus importants que ceux des pilotes algériens. Tant espérée par les syndicats qui menaient un combat pour des salaires plus décents, la fusion entre l’Onp et la Société nationale de manutention (Sonama) a malheureusement exclu carrément la fonction de pilote maritime, dont les salaires sont valorisés par dockers interposés, poussant la centaine de pilotes maritimes à réitérer leurs revendications salariales, dans le but, disent-ils, de mettre un terme à « une discrimination » qui n’a que trop duré et qui « menace dangereusement » le fonctionnement des ports d’Algérie. Dans leur plateforme de revendication adressée à toutes les autorités du pays, ces pilotes réclament un statut particulier, un salaire de base de 150 000 DA, un plan de carrière et des primes afférentes au métier, telles que les primes de veille, de suggestion et de responsabilité. Revendications restées sans écho, incitant au moins une vingtaine à répondre aux offres alléchantes des pays du Golfe, mais aussi de certaines entreprises portuaires de la rive nord de la Méditerranée.

L’expérience et le savoir-faire des pilotes algériens n’est plus à démontrer dans un secteur qui connaît un boom et une forte demande de la ressource humaine professionnelle. En 2007, la direction de la marine marchande est chargée par la tutelle, le ministère des Transports, d’élaborer rapidement un projet de statut particulier pour les pilotes maritimes, en prenant en compte le niveau de la qualification, leur mission spécifique en matière de sécurité et de sûreté, de protection de l’environnement et des ouvrages portuaires. Depuis, ce projet de texte est resté dans les tiroirs, alors que l’exil a touché trois autres pilotes. Le 6 mai dernier, la direction des transports a saisi les premiers responsables des dix entreprises portuaires, d’Alger, Tenès, Mostaganem, Arzew, Oran, Ghazaouet, Béjaïa, Djenjen, Skikda et Annaba, pour les interpeller sur la situation socioprofessionnelle des pilotes maritimes. Dans ce courrier, le directeur fait état d’une « prise en charge inquiétante due notamment à l’absence d’un statut particulier pour cette catégorie professionnelle, une rémunération insuffisante, une disparité des salaires entre les ports et une organisation des services de pilotage ne répondant pas aux textes réglementaires régissant cette activité ». Pour mettre un terme à cette situation, « jugée préjudiciable au bon fonctionnement des ports et à la sécurité de la navigation maritime et en raison des départs massifs de pilotes pour d’autres ports, le plus souvent des ports pétroliers du Moyen-Orient », le directeur de la marine marchande appelle « les patrons des ports à engager, dans les meilleurs délais, des mesures urgentes à même de remédier aux carences constatées et de revaloriser cette profession essentielle de l’activité portuaire ».

Ces mesures se résument en « une revalorisation des salaires des pilotes, leur intéressement aux résultats financiers des entreprises selon le principe « à qualifications égales salaire égal », la mise en place de stations de pilotage et d’organisation adéquates selon leur dotation en personnel pilotes et selon leurs moyens d’action, la pleine satisfaction de leurs conditions de travail et de vie et leur dotation de l’ensemble des moyens de travail... » Une interpellation qui, à ce jour, n’a pas encore eu de réponse. Cette semaine, ce sont les pilotes maritimes du port d’Alger qui sont revenus à la charge. Ils exigent la mise en application des mesures énoncées dans la lettre du directeur de la marine marchande. Cette fois-ci, ils menacent de recourir à des actions de protestation. .

Par Salima Tlemçani

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