Quand je regarde de près la flotte de la Cnan dans son age d'or, je me suis toujours posé la question de l'utilité de ce navire, El Hadjar, un charbonnier de plus de 37 000 tonnes
, mais pour quoi faire?
El Hadjar compte parmi les dernières acquisitions de la Cnan (1988) au même titre que Setif II c'est à dire dans une période ou la dette extérieur algérienne était à son sommet..
Construit par les Chantiers japonais de Hashihama Imabari,en novembre 1981 sous le nom d'Orion Maru pour une compagnie japonaise et au pavillon de même pays, il change encore une fois
d'identité à 2 reprises ( Sanggumay et Mariposa ) pour battre pavillon des Philippines avant d'atterrir à la Cnan en Mai 1988 ( 7TRJ )
fiche techinique:
Lht: 228.0 m Lpp: 218.0 m, Largeur: 32.20 m
Gt: 37 327 t DWT: 64 698 t. 7 cales
Machine: Mitsui 9641 kw Vitesse: 14 nds
Avec un tirant d'eau qui peut dépasser les12 m, El Hadjar ne peut être visible que dans un seul port algérien au eaux profonde, Annaba et spécialement le poste 13 géré par Arcelor Mittal.
On comprends vite que ce navire est destiné principalement à alimenter le complexe sidérurgique d'El Hadjar en matière première , a savoir le charbon ( jusqu'à 1 million de t / an).
Pour la petite histoire la seule mine de charbon connue en Algérie était celle de Kenadsa dans la région de Bechar à plus de 1 500 km du complexe d'El Hadjar qui fut découverte en 1917, sa
production a atteint son sommet dans les années 40 ( 144 000 t en 1942 ),fermée en 1963, cette mine reste aujourd'hui un musée à ciel ouvert.
Ainsi le Charbonnier El Hadjar était souvent appelé à faire un long cours des mois et des mois pour aller chercher cette matière première en Australie, en Chine, en Inde, en Afrique du Sud ou
encore en Russie. Son prix moyen pour un affrètement selon l'indice maritime Baltic Bulk est de 5 000 $/ jour.
Ces derniers temps on l'a vu aussi faire la traversée de l'atlantique pour chercher des céréales au Canada et décharger pour la première fois à Djendjen.
Comme le reste de la flotte algérienne, la décennie noire de la Cnan ( 1995- 2005), a failli aussi emporter ce navire,,lâché d'un port à un autre en Algérie, il fut cependant admis dans un chantier
de réparation à Mangalia en Roumanie ( Chantier du Daewoo Heavy Industries du 23/09/2005 au 30/06/2005) plus de 3000 t d'acier ont été remplacé, il semble que le prix de cette réparation dépasse
les 10 millions de $ soit son prix à l'état neuf.
A noter aussi son échouement à Skikda en novembre 2002, il a fallu une dizaine de jours de sauvetage pour le dégager de cette sympathique plage de Ben M'hidi mais qui est devenu ces
dernières années un vrai cimetière des navires en perditions.
Aujourd'hui El Hadjar fait partie aujourd'hui du groupe Jordano-Egyptien de CTI, il garde encore le pavillon national.
Amman Regional Office
Shmaisani, Layla Al-Akhiliehh Street
Adli Commerical Center, 5th Floor
P.O.BOX (7676) Amman 11118 Jordan
Tel.: +962 6 5685 115
Fax.: +962 6 5676 939
Contact Person: Mr. Nidal Mihyar
Quelques notes sur ce navire
le 26 décembre 1996, Chargé de 52 500 t de blé à Dunkerque pour l'Egypte , il fut saisit par les autorités de ce pays dés son arrivée à Port Said, des traces de graines de pavots
auraient été trouvé parmi sa cargaison.

Actualités : LE SYNDICAT DES OFFICIERS DE LA MARINE MARCHANDE ACCUSE
Les millions de dollars que perd la Cnan
Dans un rapport fort détaillé, le Syndicat national des officiers de la marine marchande (Snommar), section Compagnie nationale algérienne de navigation (Cnan) tire la
sonnette d’alarme pour faire réagir les plus hautes instances du pays pour sauver leur pavillon. Comptabilisant les pertes annuelles enregistrées sur neuf navires, ce syndicat a estimé un manque
à gagner de 111 460 700 USD pour «mauvaise gestion».
Entamant ce triste décompte, le syndicat écrit « Le Hadjar de plus de 25 ans, après avoir passé six mois dans un chantier de Pologne, se trouve actuellement en Roumanie dans un chantier de
réparation depuis 6 mois. Le montant de la facture avoisine actuellement les dix millions d’euros, soit le prix d’un navire neuf du même type». D’après le Snommar, ce même navire est resté
auparavant trois années immobilisé au port d’Annaba générant un manque à gagner de «58 400 000 USD». Selon toute vraisemblance, à sa sortie de réparation et son âge aidant, ce navire risque
d’être vendu à la casse «puisque ne remplissant plus les conditions de sécurité et de navigabilité de plus en plus sévères». Aussi, les syndicalistes s’interrogent : «Quel est l’armateur au monde
qui se permet d’immobiliser un navire de 60 000 tonnes durant quatre ans et de persister pour le réparer pour la somme astronomique de plus de 10 000 000 euros » Les pertes du Hadjar sont ainsi
de l’ordre de 68 000 000 USD.
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/11/05/article.php?sid=30144&c

Actualités : SAISIE CONSERVATOIRE D' "EL HADJAR"
La Cnan entame une bataille juridique
Saisie depuis 40 jours au port de Ravenna en Italie, le navire El Hadjar, appartenant à la Compagnie nationale de navigation (Cnan) a repris la mer. Ce navire, considéré
comme le plus grand navire de la compagnie, avait fait l’objet d’une ordonnance de saisie conservatoire au port de Ravenna en Italie depuis le 4 janvier 2007.
Selon le directeur général de Cnan Group, M. Boumbar, il a été finalement obtenu la main levée vendredi dernier. Dans un communiqué de presse, le directeur général de Cnan Group note que la
partie saisissante, en l’occurrence la société offshore Progress Bulk Carriers, avait allégué pour cela une importante perte financière de 23 millions d’US dollars. Ceci “suite au manquement
supposé de la Cnan à ses engagements commerciaux et à son refus de mettre à sa disposition le navire El Hadjar pour une période de trois ans à compter de décembre 2004”, peut-on lire dans le
communiqué. Le directeur général de Cnan Group ajoute que le tribunal de Ravenna vient de débouter et de condamner Progress Bulk Carriers pour “saisie abusive, après une bataille juridique qui
aura duré plus de 40 jours”. Aussi, une action en référé devant le même tribunal a été engagée par le pavillon national “pour faire condamner la partie adverse au paiement des dommages et
intérêts évalués à près de un million d’euros”. Après avoir levé l’ancre au port de Ravenna vendredi dernier, El Hadjar s’est rendu au port de Annaba.
M. O.
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